Descente du givre du 23 octobre au 6 novembre

Descente du givre (霜降 Shuāngjiàng) : le dernier souffle d’automne

Un matin, la rosée ne perle plus : elle blanchit. Du 23 octobre au 6 novembre, la Descente du givre (霜降 Shuāngjiàng) referme l’automne du Métal, et l’on accueille le seuil de l’hiver avec une tasse ambrée de Thé noir à l’écorce de Mandarine - 陈皮红茶 (Hong Cha Chen Pi).

Descente du givre (霜降 Shuāngjiàng) : le dernier souffle d’automne - BotaQi

Un matin, la rosée ne perle plus : elle blanchit.

Sur les toits, au bord des feuilles, une fine dentelle de givre annonce que l’automne touche à sa fin.

Du 23 octobre au 6 novembre, le calendrier solaire traverse 霜降 (Shuāngjiàng), la « Descente du givre », dix-huitième souffle de l’année et dernier de l’automne.

Après lui, l’hiver.

Le dernier souffle de l’automne

Shuāngjiàng ferme la saison.

Les almanachs le résument d’une image : l’air se fait sévère et se fige, la rosée se change en givre.

Les anciens y lisaient trois signes : le chacal met ses proies en réserve et les dispose comme pour une offrande, l’herbe jaunit et les feuilles tombent, les insectes se terrent au fond de leurs galeries.

C’est un souffle de seuil, de ceux qui ne durent qu’une quinzaine de jours mais changent le paysage : les vergers se vident et la campagne prend ses teintes de fin d’année.

La lumière, plus rasante, allonge les ombres dès l’après-midi.

Tout, dans la nature, semble faire ses comptes avant le repli.

Le dépouillement du Métal

La tradition confie l’automne au Mouvement Métal (金 Jīn), la phase qu’elle associe au tri, à la clarté, à ce qui redescend et se défait du superflu.

Shuāngjiàng en est l’accomplissement : l’arbre qui lâche sa dernière feuille se ramène à l’essentiel avant de plonger dans le repos de l’Eau, le Mouvement de l’hiver qui approche.

Ce dépouillement a une élégance très chinoise, celle des lettrés qui aimaient l’automne pour sa leçon de sobriété : savoir laisser tomber, ranger, garder l’os plutôt que la parure.

Le givre, à sa manière, est un maître de style : il ne souligne que les contours.

Une tasse pour le seuil de l’hiver

Sur la table, la saison appelle des saveurs plus rondes, plus ambrées, pour tenir compagnie aux soirées qui tombent tôt.

Le thé noir, 红茶 (hóngchá) pour les Chinois, littéralement « thé rouge » d’après la couleur de sa liqueur, est de ceux-là : cuivré, doux, réconfortant à l’heure où le jour baisse.

Marié à l’écorce de mandarine séchée, le 陈皮 (chénpí) que les Cantonais font vieillir des années comme un trésor, il prend un parfum d’agrume mûr, à la fois vif et enveloppant.

C’est une tasse faite pour les seuils : on l’infuse un peu plus longtemps, on la boit un peu plus lentement, on regarde le givre fondre au soleil.

À découvrir

Une seule tasse, pour saluer le givre.

Le Thé noir à l’écorce de Mandarine - 陈皮红茶 (Hong Cha Chen Pi), spécialité de Xinhui, dans le Guangdong, se présente comme une petite mandarine évidée, garnie de thé noir et séchée avec lui plusieurs années : l’écorce parfume chaque feuille, et la liqueur ambrée sent l’agrume mûr.

Avec Shuāngjiàng, le Métal s’efface et l’automne s’achève.

Pour l’instant, il reste le givre du matin et la vapeur d’une tasse : l’automne a bien mérité qu’on lui dise adieu en douceur.

Le 7 novembre, le Début de l’hiver (立冬 Lìdōng) ouvrira la saison de l’Eau, celle du repli, des nourritures profondes et du foyer.

D’ici là, une dernière halte d’automne nous attend : les baies de goji, petits rubis que l’on cueille jusqu’aux premières gelées.

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